TEST RED DEAD REDEMPTION 2 – Pour quelques dollars de plus…

TEST RED DEAD REDEMPTION 2 – Pour quelques dollars de plus…

0

En mai 2010, Rockstar marque les esprits avec un pari plus qu’audacieux : un GTA dans l’univers du far-west. Cela dit, ce fut bien plus que ça… Red Dead Redemption était né, ainsi que sa légende. Huit années sont passées et il est désormais temps pour moi de vous livrer mon test Red Dead Redemption 2. Préparez-vous à une plongée dans la boue, la crasse mais surtout l’amour et l’hommage…

rdr3

Rares sont les jeux qui provoquent autant d’engouements, de polémiques, de débats et d’affrontements. En soi, c’est la marque de fabrique de Rockstar que d’être constamment au-dessus de la masse et ce pour n’importe quelle catégorie. Alors naturellement, quand le mastodonte sort la suite de Red Dead Redemption sorti en 2010 et qui reste à mon sens le meilleur jeu de la PS3 : ça fait du bruit. Mais cette fois, c’est terminé. Après huit années de développement, des mois d’attentes pour les joueurs et des polémiques à ne plus savoir quoi en faire : le fils prodigue est de retour et soyons clairs : il va changer l’industrie du jeu vidéo. Inutile de tergiverser en vous parlant du studio, de son talent et tout ce qui l’entoure : place au test de Red Dead Redemption 2 sur PS4. L’industrie n’était pas prête,

Avant de vous laisser lire, je tiens juste à préciser avant tout que c’est un test qui n’engage que moi et ma vision personnelle du jeu. Je vais tenter au fil de ces lignes de vous expliquer ce que m’a véhicule RDR2 et pourquoi je le qualifie désormais de jeu dignes du panthéon.

See the fire in your eyes…

Je me souviens encore de ce printemps 2010, en mai plus précisément, quand Red Dead Redemption a pointé le bout de son nez. Avant d’entrer en détails dans ce que je pense de sa suite, je tenais juste à vous mettre au courant de mon amour inconditionnel de l’univers western depuis mon plus jeune âge. Naturellement, à la sortie du premier RDR, ayant foncé en magasin pour me procurer l’un des rares jeux de western de notre époque, j’ai pris l’une des plus grandes claques de ma vie de joueur et j’ai réalisé que tout ne serait plus pareil. Au delà du fait d’avoir été un jeu époustouflant, le premier épisode a surtout façonné une légende, réinventé un style et marqué les esprits. Naturellement, un deuxième opus fut directement lancé en pré-production avec un chantier qui aura duré près de 8 ans pour en arriver à ce jour fatidique du 26 octobre 2018 : la sortie de Red Dead Redemption 2.

Qu’on se le dise tout de suite, nous n’allons pas parler d’un jeu comme les autres. Inutile de tergiverser et de faire durer le suspense : RDR2 est à mon sens l’aventure la plus incroyable que j’ai pu vivre dans un jeu vidéo. Rien de ce que j’ai pu expérimenter durant mes heures de jeu ne m’a jamais été offert. Au fil de ces lignes, je vais tenter de vous exprimer en quoi mon expérience a été hors du commun et à quel point cette oeuvre regroupe un ensemble de facteurs la rendant exceptionnelle dans tous les sens. En tant que joueur, j’ai toujours attendu qu’un titre soit à la hauteur du débat sur la qualification de jeu vidéo comme art culturel. Et bien, en 2018, c’est une chose qui est à mon sens clarifiée. Red Dead Redemption n’est pas qu’un simple jeu, c’est l’essence même de ce que l’on attends de l’industrie, cette fracture technologique et artistique que l’on ne vit que 2 à 3 fois en 20 années de jeux vidéo pour mon cas. Une chose est sûre, ma vie de joueur ne sera plus jamais la même ayant tout récemment terminé le dernier bébé de Rockstar. A l’heure où j’écris ces lignes, la qualité de ce que vis en y jouant est à des années lumières de ce que j’ai pu apprécier jusqu’à maintenant. Plus qu’un simple jeu vidéo, c’est à une révolution et à une épopée fantastique à laquelle j’ai assisté et participé…

rdr1

Vous expliquer en quelques lignes toutes les qualités du jeu n’aurait pas réellement de sens. Vous avez lu les critiques, vu les retours de joueurs, la qualité du titre n’est plus à prouver et à démontrer. Ce que je vais tenter de faire avant tout c’est de livrer mon expérience et ce qui a fait que Red Dead Redemption 2 rentre à mon sens dans le panthéon des jeux vidéo. Sans conteste un titre dont on parlera encore dans 20 ans et qui va certainement marquer une fracture dans l’industrie. Un travail de maître, une volonté implacable et un plaisir offert au joueur comme rarement vu jusqu’à maintenant. C’est un jeu fait PAR et pour les passionnés et c’est ce que l’on ressent durant toute l’aventure sans jamais se sentir trahi ou biaisé par la mise en scène ou le gameplay.

Passer après le légendaire John Marston n’est pas facile mais pourtant, j’ai eu tord de douter d’Arthur et je n’ai jamais été aussi fier de le dire.

rdr5
rdr2

That’s the way it is…

Les choses étaient annoncées depuis le début : RDR2 n’est  pas la suite du premier épisode mais bel et bien un préquel. En effet, la fin de Red Dead 1 nous laissait sur un accomplissement total, raison pour laquelle il était inutile d’aller plus loin. Cela dit, la question de “l’avant” s’est très souvent posée par les joueurs et c’est la raison pour laquelle l’histoire se passe 12 ans avant les aventures de John Marston en solitaire. Dans cet Ouest Américain de 1899, nous y incarnons donc Arthur Morgan, membre de la fameuse bande de Dutch dont nous avions tant entendu parler dans le premier opus. Ici, oubliez la solitude du héros et place à la communauté et la famille. Ces deux mots sont ceux qui résument au mieux l’histoire de Red Dead 2. En effet, là où John Marston opérait en solo pour se sortir d’une sale histoire, Arthur quant à lui est ce membre de clan loyal, fidèle et très communautaire. Hors de question de penser à toi mais bel et bien de penser au groupe. Ce groupe justement, il mérite d’être mis en avant dans ce test tant il apporte à lui seul une saveur extraordinaire au scénario du jeu. Dans ce clan, dont nous connaissions seulement 3 de ses membres via le premier épisode, chaque personnage a sa propre histoire, sa propre mentalité, qui combinés, forment un ensemble hétéroclite qui compose la façon d’être du Clan de Dutch. Contrairement au schéma classique de scénario qui veut qu’on affronte une difficulté avant de s’en sortir, ici, nous allons assister à la chute de la bande, le déchirement et plus encore. Rassurez-vous, aucun spoil là-dedans quand on sait que Red Dead premier du nom nous explique brièvement que le clan a explosé. Mais comment en est-on arrivé là ? Et bien c’est la question qui va vous tenir en haleine durant tout le jeu. Chaque seconde passée avec le clan, chaque fête, chaque discussion nous rappelle que tôt ou tard : tout va exploser. Et c’est à mon sens la plus grosse force du scénario, celle de tirer vers le bas et de rapprocher de plus en plus de l’horreur et de la catastrophe quand tout semble s’arrêter. Tout est perdu d’avance mais pourtant, via la qualité d’écriture et de mis en scène de Rockstar : on ose y croire. Rien n’est plus terrible que de se lier à cette bande, de découvrir leurs histoires personnelles (qui sont très nombreuses), de s’y attacher quand on sait ce qui va naturellement se produire. Cela dit, dès les premières heures de jeu, le scénario nous fait rapidement oublier cette épée de Damoclès et nous laisse savourer ces instants, s’attacher au charisme absolument exceptionnel de Dutch qui s’avère être un leader attachant, respectueux et qui va également petit à petit se transformer. Car oui, chaque personnage va évoluer et AUCUN membre de la bande n’est laissé au hasard dans le développement des histoires.

Mais bien évidemment, le coeur de cette aventure reste celui avec qui nous allons vivre ce drame en plein coeur : Arthur Morgan. Pour être honnête, j’avais extrêmement peur lors des premiers trailers et lors de mes premières heures de jeu en voyant la nature de notre nouveau héros. Il faut bien reconnaître que passer après le légendaire John Marston n’est pas facile mais pourtant, j’ai eu tord de douter d’Arthur et je n’ai jamais été aussi fier de le dire. Celui-ci au fil de l’aventure va se révéler être LA vraie figure du Far West. John Marston était une légende, Arthur est un mythe. Si celui-ci se révèle plutôt fade lors des premières heures, son attitude va se développer, changer, ses répliques s’adapter pour terminer par être un personnage d’une profondeur remarquable et doté (malgré son côté hors la loi bien travaillé) d’un honneur sans faille. Arthur Morgan est ce cowboy qui fait tant rêver, la représentation du western spaghetti à la Sergio Leone.

Red Dead Redemption 2 , en plus d’être un excellent jeu est également un très bon Far-West. Rockstar depuis le premier épisode a bien appris ses leçons de cinéma et l’inspiration est plus que ressentie. Et quand je parle d’inspiration, à ne pas confondre avec copie. A aucun moment RDR2 ne pompe tel ou tel western loin de là : il le réinvente. Ce qui par ailleurs est assez ironique quand on sait que le genre est presque mort au cinéma…

Cette bande de Dutch, avec laquelle vous allez passer plus d’une centaine d’heures, que vous l’appréciez ou non : elle vous restera en mémoire éternellement. Plus qu’une bande de potes ou qu’une bande de mercenaires, elle représente ce qu’est une communauté en quête de nouveaux horizons, bordée de rêves mais confrontée à ce changement du monde qu’il ne faut pas laisser passer.. à l’image de son leader spirituel : Arthur Morgan qui démontre qu’une légende peut parfois laisser sa place pour un personnage encore plus fabuleux. J’ai adoré John Marston, je suis tombé amoureux d’Arthur Morgan.

Mention spéciale pour la fin du jeu qui voit le scénario s’emballer dans tous les sens avant de voir son épilogue qui malgré la grande prévisibilité, arrive tout de même à surprendre ou non. Que vous ayez fait RDR1 ou pas, vous serez obligatoirement étonnés par tout ce peut se produire tout le long de l’aventure et ça, c’est une vraie prouesse.

On prend rapidement une démonstration de ce que doit être un monde réaliste dès le prologue passé

My name is nobody…

Le premier Red Dead était sorti au printemps avec comme introduction une séquence légendaire que celle de l’arrivée sous le soleil brûlant d’Armadillo. En 2018, Red Dead Redemption 2 sort en hiver et l’introduction se déroule sous une tempête neige en montagne… Comme un signe pour cet accueil dans un monde totalement différent de celui visité en 2010.

En effet, si vous êtes en quête de poussière, de sable brûlant et de températures à 45 degrés, vous serez certainement déçus au premier abord. Dans RDR2, l’objectif n’est pas le sud mais bel et bien le nord. Adieu les plaines arides de Monument Valley et bonjour les grandes vallées, forêts et montagnes en tout genre. Je vous rassure tout de suite, on a du mal à l’accepter au début mais on prend rapidement une démonstration de ce que doit être un monde réaliste dès le prologue passé. La carte de Red Dead Redemption 2 est une référence ABSOLUE en terme de monde ouvert. Vous n’êtes pas sans savoir qu’elle est la plus grande jamais réalisée par Rockstar mais elle est surtout la plus aboutie en tous points. Je n’ai réellement JAMAIS vu ça dans un jeu vidéo. Le monde, en plus d’être immense, fourmille de détails à faire frissonner. Les résumer en un article n’aurait aucun sens car comme Rockstar l’ont si fièrement annoncé : ce n’est pas un monde ouvert mais un monde organique. Autant visuellement que d’un point de vue level design, explorer cette carte relève de la chevauchée fantastique. Animaux qui se baladent, interactions avec les PNJ, structures non indiquées sur la map, agression et plus encore font partie du quotidien d’Arthur Morgan. Dans un monde ouvert traditionnel, les choses sont là parce qu’elles doivent remplir un écosystème particulier, ce qui n’est absolument pas le cas ici. Tout est pensé et réfléchi pour construire une cohérence des plus totales dans ce monde qui en termes de logique n’a rien à envier à la vision que l’on peut avoir du Far West. Le réalise en devient saisissant au point où l’on oublie parfois que c’est un jeu et on réfléchi avant de prendre des décisions. Le fameux cliché d’assassiner tout le monde propre aux GTA like n’a jamais été autant remis en question. Ce monde, il vit et il vous en mets plein la vue et on a envie de le respecter. Rockstar l’a bien compris, le remplissage est un mot qui doit être rayé des game designers spécialisés en monde ouvert. Mettre un contenu pour mettre un contenu n’a aucun sens et c’est quand on joue à RDR2 qu’on se rend compte à quel point les mondes ouverts jusqu’à maintenant n’ont absolument aucun sens (événements qui n’ont rien à faire à untel endroit, PNJ qui n’ont pas de sens). En plus d’être absolument parfait dans sa cohérence, le Far West de 1899 mets une claque monumentale à ce qui s’est fait dans ce domaine. A partir d’aujourd’hui, développer un jeu à monde ouvert va devenir un challenge très relevé. Reprendre le flambeau après ça, ça risque d’être compliqué.

rdr4

Alors oui, pour beaucoup, Western doit rimer avec désert, chaleur et solitude. Red Dead Redemption nous prouve par A+B que ceci est absolument faux. Entre montagnes, villages et marécages, l’épopée que vous allez vivre se déroule dans un univers à l’architecture flamboyante. Aucun endroit n’est le même, aucun bâtiment ne se ressemble et rarement des villes ont bénéficié d’une telle âme et d’une telle empreinte dans un jeu vidéo. Passer de Rhodes à Valentine est déjà un dépaysement en soi et c’est ce qui vous attends durant l’intégralité de l’aventure. Jamais essoufflé, jamais redondant, le monde ouvert de Red Dead Redemption 2 est de très loin le meilleur jamais conçu. L’open world est mort, vive le monde organique.

rdr2

Red is dead…

Je l’ai suffisamment exprimé : le monde de Red Dead 2 est, dans son architecture, une prouesse novatrice et prodigieuse. Mais qu’en est-il de l’aspect plus technique ? On le sait, un jeu peut bénéficier d’une direction artistique remarquable sans être une merveille technique. Avec Rockstar c’est très simple : on arrive à faire les deux. Tout ce monde dont je vous parle depuis tout à l’heure est non seulement le mieux pensé de l’histoire mais il est surtout techniquement extraordinaire. Pour information, il s’agit du premier jeu des développeurs sur nouvelle génération, GTA V n’étant qu’un portage des version PS360. Et qu’on soit clairs : il sera particulièrement difficile de faire mieux sur cette génération. Un peu à l’image de GTA cité précédemment, RDR2 est la conclusion parfaite de ce qu’a pu nous offrir cette génération d’un point de vue technique. Tout est absolument saisissant de réalisme. Petit aparté pour précisé que j’ai joué au jeu sur PS4 pro en résolution 4K avec HDR activé et la claque est monumentale. Dans certains cas, les effets de lumières et les jeux d’ombres (notamment en extérieur) sont criants de réalismes et n’ont absolument RIEN à envier à la réalité. Si certaines textures s’avèrent relativement vieillotes, c’est dans les détails que la technique du jeu démontre sa maîtrise. Animation des personnages (notamment Arthur qui dispose d’une palette d’animation indénombrable), des animaux, reflets sur le sol, vent sur les détails et j’en passe. Vous exprimer à quel point la réalisation est impeccable est presque impossible sans passer par les images. Il faut le voir pour le croire car c’est réellement du jamais vu à l’heure actuelle. Et le plus impressionnant dans tout ça : c’est l’optimisation. Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige : le jeu n’accuse aucune perte de framerate et s’octroie une stabilité à toute épreuve. A titre personnel, je n’ai noté aucune mauvaise expérience liée à la technique ou la fluidité.

En soi, ce n’est une surprise pour personne que Red Dead Redemption 2 soit une prouesse à la fois technique et artistique. Quand on sait le travail d’enquête, de recherche, la durée de développement ou les conditions pas toujours évidentes des employés, le résultat se doit d’être à la hauteur et il l’est. Il est même au-delà de toute attente avec une nouvelle fois un cap graphique et artistique opéré par Rockstar, ce monstre du jeu vidéo qui ne cesse de réinventer l’industrie. Mais avec Red Dead Redemption 2 c’est d’autant plus évocateur que précédemment. Les efforts ont été durs mais le résultat est là. Je n’ai pas peur de me mouiller en disant qu’on est devant un chef d’oeuvre technique.

Ce monde, on en fait partie et on sent que nous ne sommes pas un personnage parmi tant d’autres.

Cruel, cruel world…

Un jeu ne peut pas être parfait, vous le savez. Une oeuvre, aussi exceptionnelle soit-elle, peut toujours être améliorée et c’est aussi ce qui fait la force d’une industrie comme celle-ci. Là où le bât blesse pour Red Dead Redemption 2, c’est pour son gameplay. Cela dit, c’est assez complexe à expliquer dans le sens où ce dernier nous offre à la fois le meilleur et le moins bon. Pour tenter de l’expliquer de la plus simple des manières, j’ai, lors de mes heures de jeu, pu analyser deux types de gameplay différent, qui valent la peine d’être détaillés tant ils sont différents. Ceux-là, ce sont les gameplay d’action et ceux d’exploration.

Concernant le gameplay d’exploration, c’est clairement sur celui-ci où l’accent a été mis par Rockstar. En effet, en dehors des combats, le nombre de possibilités est inqualifiable tant il est élevé. Grâce à la touche magique L2, il est désormais possible d’agir avec presque tout, allant d’un personnage à son cheval en passant par un cadavre ou un meuble d’une maison. Ceci dit, c’est loin d’être la plus grosse nouveauté pour un jeu Rockstar car cette fois-ci, des fonctionnalités de gameplay très intéressantes viennent agrémenter le côté rôleplay comme la gestion capillaire, son état physique (poids, saleté), la gestion du cheval, du camp (courses à faire, argent à donner) de ses vêtements et j’en passe des dizaines. Dans RDR2, nous ne sommes pas spectateur du monde dans lequel on évolue mais bel et bien acteurs à proprement parler. Il est possible d’agir et d’interagir avec tout ce qui se trouve à la portée, ce qui ajoute une dimension RPG fascinante qui en ferait rougir Skyrim. Car rôleplay, c’est bel et bien le mot qui résume Red Dead Redemption 2 dans son gameplay. Les situations dans l’exploration ne sont plus simplement à imaginer mais bel et bien à provoquer. Vous avez envie de vous saouler dans un bar ? Enchaîner en fumant une cigarette sur un banc tout en admirant les étoiles pour finir par se battre dans la boue et aller prendre un bain après pour finir par aller chasser pour le craft ? C’est possible. Et cet exemple là n’est qu’un infime grain de sable sur la plage gigantesque des possibilités offertes par le jeu. Pour un GTA like la liberté de mouvement est bien évidemment obligatoire, mais une telle liberté d’action c’est une première. Ce monde, on en fait partie et on sent que nous ne sommes pas un personnage parmi tant d’autres. Insultez quelqu’un et sa réaction différera en fonction de lui, bousculez une femme et d’autres hommes viendront la sauver, faites l’imbécile dans un saloon et ne soyez pas déçu d’être recalés plus tard, etc etc. Il faudra également compter sur les nombreuses interactions événementielles, les traditionnelles armes (qui doivent désormais être entretenues) et comme dit tout à l’heure, votre gestion de noyaux. Le noyau c’est ce qui vous permettra de garder une bonne santé, une bonne endurance pour ne pas vous retrouver dans de sales draps lors d’un gunfight.

Car justement, c’est dans les gunfight que les rares faiblesses de Red Dead Redemption 2 font surface. Si en tout sens le jeu est révolutionnaire, il accuse hélas un retard de minimum 5 ans sur sa gestion des affrontements au pistolet. La visée est lente, pas forcément intuitive et le déplacement lourd d’Arthur (ce qui est ultra réaliste et sympa mais pour l’exploration) peut rapidement devenir ennuyante dans des affrontements décisifs. L’ajout du sang froid qui peut être amélioré à diverses reprises dans l’aventure rajoute cela dit du piment qui permet de rendre les affrontements quand même bien plus intéressants et dynamiques. Je tenais notamment à souligner les phases de shoot à dos de cheval qui sont hélas à la limite de l’indigeste. En effet, le cheval étant très réaliste dans ses mouvements et ses réactions, il devient quasiment impossible de réussir à viser un adversaire tout en essayant de se concentrer sur le chemin. Je ne suis quasiment pas mort dans le jeu si ce n’est à cause d’une mauvaise chute suite à un retournement trop sec ou une caméra qui ne s’est pas replacée de la bonne manière. Vers la fin du jeu notamment, le problème s’avère réellement handicapant et peut sincèrement énerver. Malgré tout, le jeu reste dans son approche extrêmement facile et rester bloqué est presque impossible sauf en cas de bug. Ce à quoi Rockstar a réfléchi car le studio nous permet même de passer un checkpoint à force de mourir sur celui-ci (ce qui m’est arrivé à cause d’un bug d’IA). Pour vous faciliter la tâche, il est possible d’améliorer l’ensemble de ses équipements via le camp ou les différents vendeurs mais il est regrettable que ceci reste tout de même assez anecdotique. Améliorer ses armes n’est absolument pas indispensable pour progresser dans le jeu, à chacun de voir la façon dont il va appréhender sa progression ce qui en soi n’est pas non plus un défaut.

dead

Concrètement, le gameplay de Red Dead Redemption dans ses missions en tout cas ne réinvente rien. Très souvent elles finissent de la même manière, à savoir un bon vieux gunfight. Néanmoins, l’accent a été mis pour l’expérience exploration du jeu car c’est dans celle-ci que le jeu se dévoile réellement. Pure expérience rôleplay, la vision de Rockstar pour son nouveau chef d’oeuvre est différente de tout ce que nous avons pu voir jusqu’à maintenant. Alors oui, les gunfight représentent 90% des missions mais à partir du moment où l’on sort du cadre régi par le jeu et que l’on prends la peine de faire ce pour quoi il est le meilleur : sa liberté d’action.

rdr

For the story…

Faire un test Red Dead Redemption 2 est loin d’être l’exercice le plus facile que j’ai pu pratiquer. Le jeu regorge de tant de choses, est si beau, jouissif et ouvert qu’il en devient indécent de le résumer et ce même avec plusieurs lignes. Néanmoins, j’ai parlé des choses les plus importantes mais quelques détails méritent quand même d’être mis en lumière avant d’en finir avec ce test qui restera pour moi le plus gros jamais écrit, simple hommage au jeu.
Pour commencer, je tenais à revenir rapidement sur la durée de vie. Il a été annoncé très souvent que le titre compterait au moins 60h de jeu dans son ensemble. Et bien c’est faux… A moins de rusher les quêtes principale (ce qui n’a aucun sens étant donné que certaines quêtes annexes et fonctions disparaissent au fil des chapitres), comptez pas moins de 70h pour faire le tour de l’histoire. Cette dernière, qui monte en pression et en puissance au fil des heures se compose de 6 chapitres et deux épilogues qui peuvent se terminer assez vite mais l’aspect chronophage du jeu a tendance à donner l’illusion que c’est court alors que ça ne l’est pas. Ajoutez à cela une bonne vingtaine de quêtes annexes toutes aussi intéressantes les unes que les autres ainsi que la multitude de choses à découvrir et vous en aurez pour d’avantage que votre argent. Ce qui est d’autant plus remarquable que le mode multijoueur n’est pas encore disponible et il m’est avis que celui-ci, à la manière de GTA V, sera alimenté de manière régulière pour rendre l’expérience encore plus longue.

Expérience qui bien évidemment se devait d’être saupoudrée d’une très bonne bande-son. Ne vous faites pas de crainte à ce sujet-là, Rockstar réalise encore un travail orchestral mémorable. Autant dans les GTA le studio se contente de payer des licences pour diffuser des musiques connues, ici l’OST est totalement originale et à la manière de son prédécesseur, certains thèmes resteront gravés dans les mémoires (on se souvient encore tous de “Far Away” à l’époque). Cette OST, présente quand il le faut, vient agrémenter certaines séquences remarquables et épiques en terme de mise en scène et d’ambiance. Jamais trop, jamais peu, le designo sonore est un exemple de maîtrise dans la catégorie “comment lier musique et mise en scène”. Ce n’est pas un film mais pourtant le jeu n’a rien à envier à des oeuvres comme Le bon La brute et le Truand ou encore le classique “Mon Nom est Personne”. Comme quoi, l’héritage d’Ennio Morricone reste immortel et la composition de Red Dead Redemption 2 se classe sans le moindre problème dans la catégorie des meilleures bandes-sons de jeux vidéo. Masterpiece tout simplement.

Il m’est avis qu’il est temps de conclure sur 8 longues années d’attente et des centaines d’heures de jeu. Si vous avez eu le courage de tout lire je pense qu’il n’est pas nécessaire de résumer tout ce que j’ai pu dire. Vous l’avez compris, Red Dead Redemption 2 n’est pas qu’un simple jeu : c’est un monument de l’industrie et restera historiquement gravé dans l’histoire du jeu vidéo. Les succès de GTA ne seront certainement jamais éclipsés mais d’un point de vue qualitatif, Red Dead Redemption 2 réinvente et reconstruit absolument tout ce qu’on a pu connaître en termes de mondes ouverts depuis des années. A lui seul, il modernise l’univers du western, réinvente les codes d’un concept qu’il a lui-même créé et offre au joueur une expérience unique en terme de divertissement culturel. Comme je l’ai dis au début du test, le débat de la frontière entre art et jeu vidéo est sujette à débat depuis des années. RDR2 nous prouve que oui : le jeu vidéo est bel et bien un art, et lui sa représentation pure et parfaite.
Alors pour moi oui, Red Dead Redemption 2 est incontestablement le jeu de l’année, oui Red Dead Redemption 2 est le jeu de cette génération et oui, il s’agit du plus grand jeu auquel j’ai pu jouer et l’expérience vidéoludique la plus intense que j’ai pu vivre jusqu’à maintenant. Le jeu m’a surpris, m’a ému, m’a fait rire, m’a énervé mais il a surtout changé à vie ma vision du jeu vidéo et les attentes que je pouvais avoir dans ce milieu. J’en attendais beaucoup comme pour chaque jeu Rockstar, mais aucunement je n’avais pu prévoir vivre une telle aventure, une telle épopée. Beaucoup ont parlé de “l’après RDR2” et honnêtement, il sera difficile pour les successeurs de tenter de reproduire quelque chose au minimum similaire. Un cap a été atteint, et Rockstar offre aux consoles current gen leur plus beau cadeau avant de tirer le rideau pour passer à une génération suivante. Quoi qu’il en soit, nous retiendront de ces dernières années que Red Dead Redemption 1 et 2 font partie de l’histoire, tout simplement. Il est désormais temps de se remettre d’une telle secousse, d’un tel chef d’oeuvre. Je ne sais pas combien de temps il faudra avant de revivre une telle chose d’un point de vue jeu vidéo mais nous joueurs, pouvons être fiers d’aimer ce divertissement quand on a l’occasion de découvrir ce genre de jeux que l’on présentera comme des pièces maîtresses dans plusieurs décennies.

Bravo et merci Rockstar.

A propos de l'auteur
Sylar

Sylar

Passionné de jeux vidéo depuis plus de 20 ans, et créateurs de contenus multimédias sur internet depuis 2009. J'ai commencé par faire des critiques gaming sur Dailymotion avant de m'exporter sur YouTube et lancer mon propre site pour vous partager ma passion du jeu vidéo.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués.*