TEST PES 2019 (Pro Evolution Soccer)

TEST PES 2019 (Pro Evolution Soccer)

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Quand la saison de foot débute, elle apporte avec elle la fameuse guerre commerciale des jeux vidéo de football. Depuis des dizaines d’années, seuls deux acteurs se “partagent” le gâteau : PES de Konami et FIFA de EA. Pour la première année, le jeu de Konami en peine depuis des années décide de sortir plus d’un mois avant son concurrent, l’occasion pour moi de vous livrer mon test PES 2019. Chaussez vos crampons !

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FIFA et PES c’est un peu comme Sega/Nintendo, Microsoft/PlayStation, Apple/Google etc. A la différence que depuis 2008 et le passage à la génération PS3, Pro Evolution Soccer de son vrai nom n’a jamais su s’imposer aux yeux des joueurs. Autant d’un point de vue gamefeel qu’au niveau de son contenu, le titre de Konami est toujours resté en deçà de l’ogre qu’est FIFA. Néanmoins après une marche du désert entre 2008 et 2017, PES 2018 s’est montré plutôt encourageant malgré les mêmes défauts au fil des années. Un gameplay encore trop peu réaliste, des animations améliorées mais défaillantes ou encore de gros problèmes concernant les placements défensifs ou la gestion des frappes/centres. Cela dit, pour sa version 2019, PES s’est montré beaucoup moins prétentieux et présent dans son approche et sa communication, se voyant même sortir plus d’un mois avant son concurrent aux si longues dents. D’autant plus qu’ayant perdu son fer de lance : la licence ligue des champions, le jeu de Konami se retrouve dos au mur avant que l’on prenne la peine de l’essayer. Avec ce contenu réduit, cette communication revue à la baisse et son déclin total, PES s’est retrouvé confronté à lui-même et autant le dire tout de suite, il en a profité pour se remettre en question.

Pas qu’une mise à jour

Cette introduction n’avait qu’un seul but, celui de vous faire comprendre sur quoi s’est concentré Konami cette année : l’essentiel. Car oui, depuis plusieurs années, c’est bel et bien la première fois qu’on ressent de manière générale que l’essentiel du travail réalisé l’a été sur son gameplay. Alors oui, PES perd ses licences, ne se réinvente pas en termes de modes mais comme je vais vous le détailler un peu plus tard : il progresse de manière incroyable dans le plaisir qu’il apporte manette en mains.

Avant de revenir sur le coeur du jeu, j’aimerai parler rapidement de la réalisation même si de nos jours il est difficile pour un jeu de foot de faire mieux. J’ai donc eu l’occasion d’effectuer toutes mes parties de PES 2019 en 4K 60fps grâce à la version PC et comme je m’y attendais : c’est superbe. Une fois n’est pas coutume, c’est surtout dans les détails que le titre impose son réalisme. Qu’il s’agisse de l’animation des spectateurs dans les gradins, le grain de la pelouse ou les effets climatiques et de lumière : c’est absolument merveilleux. Par ailleurs, mention spéciale aux animations des joueurs qui cette année prennent une dimension particulière. Bien évidemment, tous les joueurs ne sont pas concernés par un tel travail sur leurs animations mais les plus connus (comme Mbappé pour ne citer que lui) ont une attitude visuelle sur le terrain qui ferait réfléchir un spectateur s’il ne sait pas qu’il regarde un jeu.

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Si le jeu ne fait pas un bond exceptionnel entre sa version de l’année dernière et celle-ci, il n’empêche que ce qui faisait déjà la force du soft en 2018 est toujours d’actualité et surtout amélioré dans cette cuvée 2019. Naturellement, tout n’est pas égal et on sent malheureusement beaucoup trop la différence sur les visages entre joueurs connus/non connus (qui ne bénéficient pas du même traitement) mais le Fox Engine continue à montrer ses capacités et lors de certains matchs, avec les bonnes conditions : on s’y croit pour de vrai. Encore une fois, c’est surtout sur les animations individuelles qu’un cap a été passé cette année sur PES 2019. On obtient des joueurs vivants, aux réactions cohérentes avec chacun leurs propres mimiques et attitudes sur le terrain. PES 2018 était déjà très beau, son successeur améliore tout ça pour le rendre des plus réalistes possibles.

Manette en main c’est un véritable bonheur tel que je ne l’ai pas ressenti chez PES depuis 2006.

L’école du gameplay trouve son équilibre

A titre personnel, quand je lance un jeu de foot, j’accorde énormément d’importance à une chose en particulier : le gamefeel. Ce que j’appelle le gamefeel est la sensation que j’ai manette en main, le plaisir (ou pas) que je ressens à contrôler un personnage (ou des joueurs en l’occurence). Et cette année, sur sa prise en main, PES 2019 frappe très fort. On ne va pas passer par quatre chemins : manette en main c’est un véritable bonheur tel que je ne l’ai pas ressenti chez PES depuis 2006. Première chose qui frappe : la fluidité des mouvements. Après plusieurs essais au fil des années, Konami a enfin trouvé le juste milieu au niveau de la vitesse de jeu, de la conduite de balle et de la liaison avec toutes les animations du titre. Fini d’incarner des robots sur un rail ou des puces qui courent à 200km/h, cette fois-ci le gameplay est parfaitement adapté à ce que l’on attends d’un jeu de foot. On construit, on prend son temps, on dribble, on accélère le tout de manière toujours très cohérente ce qui offre à l’heure actuelle l’un des meilleurs compromis de gameplay jamais proposé jusqu’à maintenant. C’est au-dessus de FIFA 18 vous me direz ? Et bien je vous réponds que OUI, très largement.

D’autant plus qu’au-delà de cet équilibre enfin trouvé, Konami en a également profité pour corriger les principaux défauts qui venaient ternir l’expérience l’année dernière, à commencer par les fameux centres téléguidés. Au-revoir la pression sur la touche de centre qui vous assurait 1 fois sur 2 une reprise gagnante dans la surface. Idem pour les frappes supersoniques qui ont (ENFIN) été légèrement repensées par rapport à d’habitude. Il est bien évidemment toujours possible de marquer (plus facilement que dans FIFA) des buts incroyables mais disons que ceux-ci sont moins automatiques et récompensent le joueur quand il le mérite : pas de manière aléatoire.

Autre point particulièrement intéressant qui rend le gameplay plus prenant : l’intelligence artificielle. Etant personnellement un joueur qui ne joue que très peu en ligne, j’ai passé énormément d’heures en mode ligue des masters/coup d’envoi et j’ai été agréablement surpris par les réactions et le niveau global de l’intelligence artificielle. Là où je reprochais à celle de PES 2018 d’être soit trop statique ou soit bien trop agressive (avec parfois des montées au pressing de 6 joueurs à la 13eme minute), cette fois-ci tout a également corrigé de ce point de vue-là. En match, il est possible d’analyser les réactions de l’ordinateur pour se rendre compte à quel point l’IA s’adapte à votre jeu. Elle bouche les trous, elle marque vos joueurs performants, elle anticipe bien, etc. Grâce à ça, l’expérience en solo est admirable et comme je l’avais déjà remarqué dans la démo, les matchs sont vraiment construits, tactiques et jouissif. Finis les scores 8-4 avec 35 tirs cadrés et place aux vrais résultats et aux vrais affrontements footbalistiques.

Il aura fallu du temps, mais PES a enfin trouvé son style : et il est presque parfait !

En plus de ne pas avoir de vrais ajouts qualitatifs par rapport à l’an dernier en modes de jeux, PES perd même en intérêt avec l’absence des deux licences phrases : la ligue des champions et l’Europa League.

Un menu très léger au programme…

Hélas, j’en ai déjà parlé beaucoup en introduction et dans le paragraphe précédent, mais on sent que Konami a absolument tout donné dans son gameplay. Si la prise en main s’avère presque parfaite et semble objectivement indétrônable, PES souffre de son défaut habituel : son manque de contenu. En plus de ne pas avoir de vrais ajouts qualitatifs par rapport à l’an dernier, le jeu perd même en intérêt avec l’absence des deux licences phrases : la ligue des champions et l’Europa League. Et malheureusement, la perte de ces deux licences ne peut pas être compensée par l’ajout de quelconque championnat belge ou turque…

Le reste des modes quant à eux ne bougent pas et restes statiques avec la traditionnelle ligue des masters, les classiques modes en ligne etc. Rien de nouveau sous le soleil hélas, et c’est quelque chose qui risque de peser lourd dans la balance quand on voit les efforts faits par EA en termes de modes de jeux. Quel dommage au final de voir qu’un titre comme PES souffrira certainement de la comparaisons licences/modes de jeux quand on sait à quel point le jeu de Konami est agréable manette en main et le plaisir qu’il procure quand on y joue.

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Je pense qu’il est inutile de s’attarder plus longtemps sur mon test PES 2019. Vous l’avez compris, en termes de gameplay et de prise en main : c’est une pépite de jeu de football. Les sensations offertes sont exceptionnelles et rappellent les meilleures heures des jeux de football de l’époque. L’an dernier, PES était passé très près de l’excellence niveau sensations mais cette fois-ci, c’est le cas. A des années lumières de ce que propose la licence depuis des années, l’édition 2019 du jeu de Konami restera dans les mémoires et s’impose comme l’un des meilleurs jeux de foot de ces dernières années. Quel dommage qu’il souffre d’une telle concurrence et que son contenu maigrichon lui coûtera certainement une fois de plus le titre de meilleur jeu de foot, d’un point de vue commercial.  Quoi qu’il en soit, je vous recommande fortement d’acheter PES 2019 qui représente l’essence même du football. Un vrai kiff.

A propos de l'auteur
Sylar

Sylar

Passionné de jeux vidéo depuis plus de 20 ans, et créateurs de contenus multimédias sur internet depuis 2009. J'ai commencé par faire des critiques gaming sur Dailymotion avant de m'exporter sur YouTube et lancer mon propre site pour vous partager ma passion du jeu vidéo.

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